Entrez dans n'importe quel atelier de shaper en Europe et vous verrez la même chose : des logs de neuf pieds et demi posés à côté de petits fish à queue d'hirondelle, des guns effilés suspendus au plafond et un pain de mousse qui attend de devenir quelque chose. Chacune de ces formes, chaque shape, existe pour une raison : un type de vague, un niveau, un style de surf ou simplement un gabarit.
Ce guide est long à dessein. Nous voyons d'où vient chaque shape, comment le reconnaître, dans quelles vagues il fonctionne, à qui il s'adresse et quelles dimensions et quel volume conviennent à votre poids et à votre niveau. Pour aller plus vite, utilisez notre calculateur de volume.
Petite histoire : des planches en bois au quiver moderne
Hawaï : alaia et olo
Le surf est né en Polynésie et a atteint sa forme la plus raffinée à Hawaï, où il se pratiquait des siècles avant l'arrivée des Européens. Les planches étaient en bois massif (koa, wiliwili, arbre à pain) et se divisaient en deux familles : l'alaia, fine, plate et sans aileron, de deux à trois mètres, pour le peuple ; et l'olo, immense (jusqu'à cinq mètres et plus de 50 kilos), réservée à la noblesse. Ni aileron, ni rocker, ni mousse : tout le contrôle venait du surfeur.

1900–1950 : Duke, Tom Blake et le premier aileron
Au début du XXe siècle, le surf renaît à Waikiki et Duke Kahanamoku le fait connaître en Californie et en Australie lors de ses démonstrations. Les planches sont encore en bois massif, longues et très lourdes. Dans les années 1920 et 1930, Tom Blake change deux choses essentielles : il construit des planches creuses, bien plus légères, et en 1935 il ajoute pour la première fois un aileron fixe. Pour la première fois, l'arrière ne dérape plus et on peut tenir une trajectoire dans la vague.

Années 40 et 50 : balsa, fibre de verre et « Malibu chip »
Après la Seconde Guerre mondiale arrivent la fibre de verre et les résines. En Californie, Bob Simmons, Joe Quigg et Matt Kivlin expérimentent des âmes en balsa stratifiées et créent des planches plus courtes et plus légères, de neuf ou dix pieds, surnommées Malibu chips. C'est l'ancêtre direct du longboard moderne.
Fin des années 50 : la mousse polyuréthane
Hobie Alter et Gordon « Grubby » Clark commencent à fabriquer des pains en mousse polyuréthane (PU) à la fin des années 1950. Plus légère, moins chère et plus facile à travailler que le balsa, la mousse démocratise le surf. Les années 60 appartiennent au longboard single fin, à la marche sur la planche et aux orteils suspendus au nose (hang ten).
1967–1970 : la révolution du shortboard
En deux ou trois ans, les planches passent de 9'6" à moins de 7'. En Australie, Bob McTavish, Nat Young et George Greenough testent des planches plus courtes, des carènes en V et des ailerons flexibles inspirés des nageoires de poisson. C'est la shortboard revolution : le surf ne consiste plus à glisser en ligne droite mais à tourner dans la partie critique de la vague. À la même époque, à San Diego, Steve Lis dessine le premier fish, large et à queue d'hirondelle, conçu pour le kneeboard.
Années 70 et 80 : twin fin et thruster
Dans les années 70 cohabitent single fins courtes, pintails et premiers twin fins. En 1978, Mark Richards gagne avec ses twin fins rapides et joueurs, et en 1980–1981 l'Australien Simon Anderson présente le thruster, avec trois ailerons de même taille. Il offre plus d'accroche et de contrôle que le twin et, plus de quarante ans plus tard, reste la configuration standard du shortboard.

L'Europe monte sur la planche
Le surf moderne arrive en Europe par Biarritz en 1956–1957, quand le scénariste Peter Viertel rapporte une planche de Californie pendant un tournage. Les premiers shapers locaux apparaissent rapidement sur la Côte basque, et dans les années 60 le surf gagne la Cantabrie, le Pays basque espagnol, la Galice et le Portugal, avec des pionniers qui fabriquent leurs planches d'après des photos de magazines. C'est l'origine du réseau d'ateliers rassemblé dans notre annuaire des shapers.

De 2005 à aujourd'hui : EPS, rétro et mid-lengths
En décembre 2005 ferme Clark Foam, qui fournissait la plupart des pains PU du monde. L'industrie doit se diversifier : l'EPS avec époxy, les planches en mousse pour les écoles puis les matériaux recyclés et biosourcés se développent. En parallèle, beaucoup de surfeurs redécouvrent les formes anciennes : fish, single fins, eggs et mid-lengths. Aujourd'hui, il est normal d'avoir un quiver varié et de choisir sa planche selon les conditions du jour.
Anatomie d'une planche : ce qui définit un shape
Deux planches de même longueur peuvent se comporter de façon totalement différente. Ce qui les distingue, ce sont quelques variables qu'il vaut mieux connaître avant de parler à un shaper.
- Outline : la silhouette vue de dessus. Un nose rond et un outline parallèle donnent stabilité et facilité de rame ; un nose pointu et un outline courbé permettent des virages plus serrés.
- Longueur, largeur et épaisseur : exprimées en pieds et pouces (par exemple 6'0" × 19 1/4" × 2 7/16"). La largeur se mesure au point le plus large.
- Volume : en litres. C'est le meilleur indicateur de la flottaison et de la facilité à ramer et prendre des vagues.
- Point large : avancé, la planche rame mieux et est plus stable ; reculé, elle tourne mieux depuis l'arrière.
- Rocker : la courbure de la planche vue de profil. Peu de rocker = plus de vitesse et une meilleure rame dans les vagues molles. Beaucoup de rocker = s'adapte aux vagues creuses et tourne court, mais plus lente.
- Rails : épais et arrondis, ils pardonnent et portent ; fins avec une arête vive à l'arrière, ils accrochent la vague et donnent du répondant.
- Carène : plate, avec concaves (simple, double) ou en V. Les concaves canalisent l'eau et donnent portance et vitesse ; le V facilite le passage d'un rail à l'autre.
- Tail et ailerons : détaillés plus bas.
Longboard
Dimensions typiques : 8'6"–10'0" de long, 22"–23 1/2" de large, 2 3/4"–3 1/4" d'épaisseur. Volume de 60 à plus de 90 litres.
Le longboard est la planche classique par excellence : longue, large, nose rond et beaucoup de volume. Deux grandes familles :
- Noserider ou log : lourd, rocker doux, rails arrondis 50/50, concave dans le nose pour s'y percher et un grand single fin. La planche du style traditionnel : marche, cross-step, hang five et hang ten.
- Longboard performance : plus léger, un peu plus de rocker, rails plus fins et souvent un montage 2+1. Permet des virages plus radicaux.

Vagues : de 0,5 à 1,5 m, lentes, longues et propres. Pointbreaks et beachbreaks à mi-marée. Difficile à manier dans les grosses vagues creuses.
Niveau : tous. C'est sans doute la planche sur laquelle vous prendrez le plus de vagues de votre vie, et la plus difficile à maîtriser dans sa version classique.
Pour qui : tous les gabarits. Les personnes légères (moins de 60 kg) sont souvent mieux sur 8'6"–9'0" ; au-delà de 85 kg, un 9'4"–9'8" bien épais est appréciable. Vous trouverez des shapers européens spécialisés dans l'annuaire.
Points forts : rame comme aucune autre, prend les vagues très tôt, très fun les petits jours. Points faibles : lourd, encombrant, difficile à passer au large les jours puissants et dangereux dans un line-up chargé si on ne le maîtrise pas.
Softboard (planche en mousse)
Dimensions typiques : 7'0"–9'0", très larges (22"–24") et épaisses (3"–3 1/2"). Volume de 55 à 90 litres.
Âme en EPS, pont en mousse souple et carène en plastique glissant (HDPE). Ce sont les planches des écoles de surf, et pour cause : sûres, résistantes et très porteuses.
Vagues : mousses et petites vagues jusqu'à 1 m. Aussi un jouet amusant pour les surfeurs expérimentés les mauvais jours.
Niveau : grands débutants et premiers mois de surf.
Pour qui : toute personne qui débute, et surtout les enfants. Longueur selon le poids : 7'0" jusqu'à 50 kg, 8'0" entre 50 et 80 kg, 9'0" au-delà de 80 kg.
Points forts : bon marché, sûres, idéales pour apprendre. Points faibles : lentes et imprécises dès qu'on progresse, et les modèles d'entrée de gamme se déforment au soleil et à l'usage.
Minimalibu et funboard
Dimensions typiques : 7'0"–8'2", 21 1/2"–23" de large, 2 3/4"–3" d'épaisseur. Volume de 50 à 70 litres.
Des longboards en miniature : nose rond, beaucoup de volume et outline assez parallèle. La différence entre « minimalibu » et « funboard » tient surtout au nom ; la funboard a souvent un nose un peu plus étroit et presque toujours trois ailerons.
Vagues : petites et moyennes jusqu'à 1,5 m, surtout molles.
Niveau : débutant après les premières semaines et intermédiaire débutant. C'est la transition la plus courante entre la softboard et une planche plus courte.
Pour qui : ceux qui commencent à prendre la vague verte et à faire leurs premiers virages, ou qui surfent peu et veulent prendre beaucoup de vagues. 7'0"–7'4" sous 65 kg, 7'6"–7'10" entre 65 et 85 kg, 8'0" ou plus au-delà.
Points forts : très facile, polyvalente en petites vagues, plus maniable qu'un longboard. Points faibles : n'excelle en rien de précis ; en progressant, on manque de maniabilité.
Mid-length et egg
Dimensions typiques : 6'10"–8'0", 20 1/2"–22" de large, 2 5/8"–3" d'épaisseur. Volume de 40 à 60 litres.
Le grand phénomène de ces dernières années. Elles associent la rame facile du longboard à des virages fluides. La famille compte plusieurs variantes :
- Egg : outline arrondi à l'avant et à l'arrière, comme un œuf. Très doux, parfait pour de longues courbes.
- Single fin classique / pintail : inspiré des planches des années 70, avec un arrière étroit pour les vagues plus puissantes.
- Mid-length moderne 2+1 ou thruster : plus de rocker et des rails plus fins, tient jusqu'à deux mètres.
Vagues : de 0,8 à 2 m, avec une épaule moyenne. Très efficaces dans les beachbreaks atlantiques et les pointbreaks.
Niveau : intermédiaire et confirmé. Aussi pour ceux qui reprennent après des années ou veulent un surf plus fluide et moins physique.
Pour qui : à titre indicatif, une longueur entre votre taille + 50 cm et votre taille + 70 cm. À 75 kg, un 7'2"–7'6" d'environ 45–50 litres est un très bon point de départ.
Points forts : « une planche pour presque tout », rame très bien et reste ludique. Points faibles : difficile à placer dans les vagues très creuses ou très courtes ; certains regrettent des virages plus radicaux.
Fish
Dimensions typiques : 5'2"–6'4", 20 1/2"–22" de large, 2 3/8"–2 3/4" d'épaisseur. Volume de 28 à 42 litres.
Le fish classique est court, large et plat, avec un point large légèrement avancé et une queue d'hirondelle (swallow) ouverte, presque toujours avec deux grands ailerons (twin keel) ou quatre (quad). Il se surfe 4 à 8 pouces plus court qu'un shortboard.
Vagues : de 0,5 à 1,5 m, molles et sans puissance. La planche idéale de l'été et des houles de vent. Dans les grosses vagues creuses, l'arrière large décroche et devient difficile à contrôler.
Niveau : à partir d'intermédiaire. Pour beaucoup, c'est la première planche « courte » après la minimalibu.
Pour qui : en règle générale, 10 à 20 cm plus court que votre taille, avec un peu plus de volume que votre shortboard. À 75 kg et niveau intermédiaire, un 5'8"–5'10" d'environ 34–38 litres.
Points forts : très rapide en petites vagues, joueur, tolérant. Points faibles : dérape davantage dans les virages serrés et atteint vite ses limites les gros jours.
Beaucoup d'ateliers européens, comme les shapers de fish de notre annuaire, en proposent leur version, souvent pensée pour les vagues de leur région.
Hybride et groveler
Dimensions typiques : 5'4"–6'2", 19 3/4"–21 1/2" de large, 2 3/8"–2 3/4". Volume de 28 à 40 litres.
Les hybrides mêlent la largeur et le volume d'un fish au nose plus pointu et au rocker d'un shortboard. Les grovelers sont la version pour vagues médiocres : très peu de rocker, beaucoup de volume sous la poitrine, arrière large (squash ou swallow) et généralement ailerons thruster ou quad.
Vagues : de 0,5 à 1,5 m, de très molles à un peu creuses. La journée d'été typique dans le golfe de Gascogne ou en Méditerranée.
Niveau : intermédiaire et confirmé. C'est la planche de tous les jours d'un très grand nombre de surfeurs.
Pour qui : 2 à 6 pouces plus courte que votre shortboard et 2 à 4 litres de plus. À 75 kg et bon niveau, un 5'8" de 31–33 litres.
Points forts : permet de surfer comme en shortboard dans des vagues qui ne le permettraient pas. Points faibles : manque de contrôle les bons jours puissants.
Shortboard
Dimensions typiques : 5'8"–6'4", 18 1/4"–19 3/4" de large, 2 1/4"–2 1/2" d'épaisseur. Volume de 23 à 33 litres.
La planche de compétition moderne : étroite, fine, nose pointu, beaucoup de rocker, concaves et trois ailerons. Elle répond instantanément et permet de surfer la partie la plus critique de la vague, mais exige technique, condition physique et bonnes vagues.

Vagues : de 1 à 2,5 m, avec de la pente et de la puissance. Beachbreaks avec de bons bancs et reefs. Dans les vagues molles, elle s'enfonce et n'avance pas.
Niveau : intermédiaire avancé et confirmé. Ce n'est pas une planche pour apprendre : la plupart de ceux qui y passent trop tôt stagnent.
Pour qui : à titre indicatif, de votre taille à votre taille + 15 cm, avec 0,36 à 0,42 litre par kilo si vous avez un bon niveau. À 75 kg, un 6'0" de 28–30 litres.
Points forts : performance et contrôle maximaux. Points faibles : rame moins bien, on prend moins de vagues et elle pardonne très peu.
Step-up et gun
Step-up : un shortboard un peu plus long (3 à 6 pouces), plus étroit et avec un arrière plus fin (round pin ou squash étroit). La planche pour les jours où la mer monte à 2–3 m et où votre planche habituelle ne permet plus de ramer en sécurité ni de tenir la vitesse.
Gun : de 6'10" à plus de 10'. Étroit et long, nose et tail pointus (pintail) et beaucoup de rocker à l'avant. Il sert à ramer vite pour entrer dans les grosses vagues et garder le contrôle à grande vitesse. Les semi-guns (6'10"–7'6") servent dans les vagues de 2,5 à 4 m ; les big wave guns (9'+) dans bien plus gros.

Vagues : grosses et puissantes : Mundaka ou Rodiles les gros jours, Belharra, Nazaré, Mullaghmore, les reefs des Canaries en hiver.
Niveau : confirmé et expert, avec une vraie expérience des grosses vagues.
Pour qui : presque toujours sur mesure. En Espagne, des ateliers comme Special Royd à Tenerife se concentrent sur les guns, et beaucoup d'autres shapers en fabriquent sur commande ; cherchez « gun » dans l'annuaire.
Autres planches : alaia, foil et tow-in
- Alaia : la renaissance moderne de la planche hawaïenne. Une fine planche de bois (paulownia par exemple), sans aileron, de 5 à 8 pieds. Très rapide et très difficile ; pour surfeurs expérimentés en quête d'autres sensations.
- Foil : une planche courte et volumineuse avec une aile sous la carène qui la fait « voler » au-dessus de l'eau. Permet de surfer des vagues minuscules ou très au large. Demande un apprentissage spécifique et beaucoup de vigilance envers les autres.
- Tow-in : planches courtes, lourdes et étroites, avec straps, pour les vagues géantes dans lesquelles on est tracté par un jet-ski.
Tableau récapitulatif des shapes
| Shape | Longueur | Volume* | Vagues | Niveau |
|---|---|---|---|---|
| Softboard | 7'0"–9'0" | 55–90 L | Mousses – 1 m | Débutant |
| Longboard | 8'6"–10'0" | 60–90 L | 0,5–1,5 m, lentes | Tous |
| Minimalibu / funboard | 7'0"–8'2" | 50–70 L | 0,5–1,5 m | Débutant – intermédiaire |
| Mid-length / egg | 6'10"–8'0" | 40–60 L | 0,8–2 m | Intermédiaire – confirmé |
| Fish | 5'2"–6'4" | 28–42 L | 0,5–1,5 m, molles | Intermédiaire – confirmé |
| Hybride / groveler | 5'4"–6'2" | 28–40 L | 0,5–1,5 m | Intermédiaire – confirmé |
| Shortboard | 5'8"–6'4" | 23–33 L | 1–2,5 m, puissantes | Intermédiaire avancé – confirmé |
| Step-up | 6'4"–7'0" | 28–38 L | 2–3 m | Confirmé |
| Gun | 6'10"–10'+ | 35–80 L | 3 m et plus | Expert |
* Volumes indicatifs pour un adulte de 60 à 90 kg.
Dimensions et volume selon le poids et le niveau
La longueur n'est qu'une partie de l'équation. Le chiffre le plus utile est le volume rapporté à votre poids (combinaison comprise, ce qui ajoute 2–3 kg en hiver). Ce tableau applique des coefficients très utilisés par les shapers et les écoles :
| Votre poids | Débutant × 0,9–1,0 | Intermédiaire débutant × 0,65–0,75 | Intermédiaire × 0,5–0,6 | Confirmé × 0,36–0,42 |
|---|---|---|---|---|
| 50 kg | 45–50 L | 33–38 L | 25–30 L | 18–21 L |
| 60 kg | 54–60 L | 39–45 L | 30–36 L | 22–25 L |
| 70 kg | 63–70 L | 46–53 L | 35–42 L | 25–29 L |
| 80 kg | 72–80 L | 52–60 L | 40–48 L | 29–34 L |
| 90 kg | 81–90 L | 59–68 L | 45–54 L | 32–38 L |
| 100 kg | 90–100 L | 65–75 L | 50–60 L | 36–42 L |
Pour affiner, utilisez notre calculateur de volume. Et ajustez avec bon sens :
- Vous surfez peu (moins d'une fois par semaine) ou avez plus de 45–50 ans : ajoutez 10 à 15 %.
- Vagues molles la plupart de l'année : plus de volume et des planches plus larges. Vagues puissantes : moins de volume, plus de rocker, rails plus fins.
- Eau froide : en 5/4 avec chaussons, on rame moins bien ; quelques litres de plus se sentent en hiver.
- Taille : les grands gabarits sont souvent plus à l'aise avec un peu plus de longueur (plus de surface de rame) à volume égal ; les plus petits préfèrent des planches plus courtes et plus larges.
Un bon shaper vous demandera votre poids, votre taille, votre fréquence de surf, vos vagues et votre planche actuelle. Avec ces informations, le volume s'ajuste bien mieux qu'avec n'importe quel tableau générique.
Tails et ailerons
Le tail détermine comment la planche libère l'eau et donc comment elle tourne. Quelques formes courantes :
- Squash : le plus polyvalent. Beaucoup de surface et des virages vifs. Standard sur shortboards et hybrides.
- Round (rond) : virages plus fluides et plus d'accroche dans les vagues puissantes. Très courant sur eggs, mid-lengths et step-ups.
- Pin : surface minimale, accroche maximale. Pour les grosses vagues creuses : guns et planches à tube.
- Swallow (hirondelle) : la surface d'un arrière large avec deux points d'appui. La signature du fish.
- Square : droit et large, très stable. Sur les longboards classiques et certains grovelers.
- Diamond : entre squash et pin, fréquent sur les planches de petites vagues.
Et les ailerons, aujourd'hui presque toujours amovibles (systèmes FCS II ou Futures) :
- Single fin : un grand aileron central. Grandes courbes et style classique. Longboards, eggs et mid-lengths rétro.
- Twin : deux ailerons latéraux. Beaucoup de vitesse et des virages lâchés, avec un peu de dérapage. Fish et twin fins rétro.
- Thruster : trois ailerons. Contrôle et accroche dans toutes les vagues : le standard des shortboards et hybrides.
- Quad : quatre ailerons. La vitesse du twin avec plus d'accroche ; excellent dans les vagues creuses et sur les fish modernes.
- 2+1 : un grand aileron central et deux petits latéraux. Sur les longboards performance et les mid-lengths.
Beaucoup de planches modernes ont cinq boîtiers pour essayer thruster et quad sur la même planche. Changer d'ailerons est le moyen le moins cher de changer le comportement d'une planche.
Quel shape pour les vagues d'Europe
L'Europe a des côtes très différentes, et cela se voit dans les ateliers de chaque région :
- Nord de l'Espagne (Galice, Asturies, Cantabrie, Pays basque) en été : petites vagues molles presque tous les jours. Longboard, mid-length, fish ou groveler. Des shapers comme CeCe Longboards ou Full&Cas connaissent bien ces conditions.
- Nord de l'Espagne et Sud-Ouest de la France en automne et en hiver : houle de fond puissante et beachbreaks musclés (Hossegor, Zarautz, Razo, Rodiles). Shortboard et step-up ; un gun pour les gros jours à Mundaka ou Belharra.
- Portugal : un peu de tout : longs pointbreaks à Ericeira, beachbreaks à Peniche et sur la Costa da Caparica, grosses vagues à Nazaré. Un quiver de deux ou trois planches a tout son sens. Polen et d'autres ateliers portugais font des fish et des grovelers très aboutis.
- Méditerranée : houle de vent courte. Volume généreux : longboards, minimalibus, fish et grovelers.
- Canaries : reefs volcaniques aux vagues creuses et puissantes en hiver. Shortboards avec du rocker, step-ups et guns.
- Irlande, Royaume-Uni et mer du Nord : eau froide (ajoutez du volume pour la combinaison), vagues variées et beaucoup de vent : mid-lengths et grovelers sont très prisés.
Pour connaître les conditions de chaque zone, consultez nos spots de surf en Europe et les prévisions de vagues.
Construire son quiver étape par étape
- Première année : softboard ou minimalibu volumineuse. Si votre spot a des vagues petites et longues, un longboard est aussi un excellent choix.
- Deuxième année : minimalibu ou mid-length un peu plus fine. Vous commencez les bottom turns et à parcourir la vague.
- Intermédiaire : une mid-length ou un fish pour les petits jours et une hybride pour les jours avec un peu de puissance.
- Confirmé : le quiver classique de trois planches : groveler ou fish (petits jours), shortboard (bons jours) et step-up (gros jours). Beaucoup ajoutent un longboard pour l'été.
Inutile de tout acheter neuf : un shaper local peut réparer, contrôler ou conseiller des planches d'occasion, et dispose souvent de planches d'essai.
Équipement recommandé
Une bonne planche d'un shaper local est le meilleur investissement pour votre surf. Pour le reste, voici les bases à avoir dès le premier jour :
Une softboard pour débuter
Une planche en mousse de 7'0" à 8'0" est le moyen le plus sûr et le moins cher de débuter, pour vous ou vos enfants. Choisissez-en une avec lattes internes et carène en HDPE.
Un leash adapté à votre planche
Le leash doit faire à peu près la longueur de la planche : 6' pour un shortboard, 7'–8' pour une mid-length et 9' (cheville ou genou) pour un longboard.
Ailerons FCS II ou Futures
Un jeu de rechange, ou un template différent de celui fourni, change complètement le comportement de la planche. Vérifiez le système de boîtiers avant d'acheter.
Une housse
Protège la planche du soleil et des chocs en voiture. Pour l'avion, préférez une housse rembourrée de 10 mm ou plus.
Wax et pad
Un wax adapté à la température de l'eau (cold ou cool pour l'Atlantique européen presque toute l'année) et, sur shortboard, un pad à l'arrière.
Questions fréquentes
Quel est le meilleur shape pour débuter ?
Une softboard ou une minimalibu avec un volume proche de votre poids en kilos. Un longboard convient aussi si votre spot a des vagues petites et lentes.
Quand passer à une planche plus courte ?
Quand vous prenez seul des vagues non déferlées, partez en diagonale et parcourez la vague avec aisance la plupart du temps. Réduisez le volume progressivement : passer de 70 à 30 litres est le moyen le plus sûr de stagner.
Fish ou hybride ?
Le fish est plus rapide et fluide dans les vagues molles ; l'hybride tourne plus court et tient mieux quand la vague a de la puissance. Si vous aimez le surf lâché et stylé, fish ; si vous venez du shortboard, hybride.
Une seule planche pour tout ?
Pour la plupart des surfeurs intermédiaires en Europe, une mid-length de 7'0"–7'6" ou un fish/hybride avec un peu de volume en plus couvrent l'essentiel de l'année.
Pourquoi acheter chez un shaper local ?
Parce qu'il peut ajuster volume, rocker et ailerons à votre gabarit et à vos vagues, et vous l'expliquer en personne. Avec plus de 200 ateliers en Europe, il y en a presque sûrement un près de chez vous.
Vous savez quel shape vous voulez ? Trouvez un atelier près de chez vous dans l'annuaire des shapers européens et filtrez par type de planche : longboard, minimalibu, fish, shortboard ou gun.